 |
Sauver le bassin olympique de Schinias
Un bassin laissé à l'abandon.
Environ huit mois après les JO, le lieu se dégrade faute de crédits européens promis. Ce bassin artificiel gigantesque, source de polémiques lors de sa construction, et qui à connu de nombreuses critiques est laissé à l'abandon... |
|
|
 |
 |
Le gigantesque bassin de Schinias. |
|
Le bassin d'aviron et de canoë-kayak flambant neuf de Schinias était pourtant promis à un bel avenir. Sitôt les JO terminés, le parc et ses dépendances (9 km2) étaient officiellement devenus «parc national». Le 27e de Grèce, à 40 kilomètres d'Athènes. Huit mois plus tard, pourtant, des poubelles se sont frayé un chemin dans la forêt, des voitures mal garées campent sur les bas-côtés et des tavernes illégales font déjà le plein sur la plage voisine. «On n'a même pas de gardien», se désole Kimon Hatzibiros. Nommé responsable du projet, ce professeur d'écologie à l'université d'Athènes ne cache plus son amertume. «Par sa situation à Marathon, près de la mer, Schinias constitue une rare poche d'humidité, explique-t-il. Cela a permis le développement de 176 espèces d'oiseaux et même l'apparition d'un poisson endémique, le pseudofoxinus. Schinias abrite aussi l'une des trois forêts de pins pigniers subsistant en Grèce.»
Les projets et les subventions se font attendre. A ce jour, Kimon Hatzibiros a touché 145 000 euros du ministère grec de l'environnement, soit 10 % des sommes auxquelles le projet peut prétendre. Le dossier a déjà été retenu par le programme européen Life, dédié à la protection de l'environnement. 800 000 euros de crédits assurés à condition que le gouvernement avance la moitié de la somme. Hatzibiros attend toujours : «Le ministère ne me prend même plus au téléphone Je suis pourtant un modéré. Les épreuves olympiques à Schinias, moi, j'étais pour...» |
|
|
 |
 |
 |
Le huit américain lors des championnats du monde juniots. |
|
Schinias n'a pas fini de faire des vagues. Outre les militants écologistes, archéologues et historiens assurent que ce terrain pourrait être l'un des sites de la célèbre bataille de Marathon, en 490 av. J.-C. Le bassin olympique se situe aussi, accessoirement, à 500 mètres de l'un des meilleurs spots de surf de Grèce, suscitant quelques réserves des fédérations sportives d'aviron et de canoë-kayak sur la force excessive des vents. Theodota Nantsou, active militante au Fonds mondial pour la nature (WWF) : «Les pompes à incendie du parc ne sont même pas alimentées en eau ! Si la sécheresse et les feux de forêt sont au rendez-vous cet été, c'est sûr, ça clôturera l'affaire !».
«Les villes organisatrices ne doivent pas oublier que l'environnement est le troisième pilier de l'olympisme», rappelait Eric Falt, porte-parole du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) et observateur à Athènes pendant les JO. Le gouvernement grec, officiellement, ne l'a pas oublié. Fin mars, la ministre adjointe à la Culture, Fani Palli-Petralia, a présenté son projet de loi «vert» consacré à l'utilisation postolympique des installations. Le temps presse. L'entretien des sites est estimé à 85 millions d'euros par an, mais la ministre promet que les projets retenus devront obéir à trois principes fondamentaux : une activité économique, la création d'emplois, mais aussi la préservation de la qualité de vie. Au passage, Fani Palli-Petralia a ainsi confirmé son veto à plusieurs idées lucratives, mais controversées, du type construction de casinos, discothèques et autres complexes hôteliers. Les organisations écologistes restent toutefois sceptiques. Sept d'entre elles ont interpellé le ministre des Travaux publics, Georges Soufflias, sur le sujet. «Il a mis en cause les qualités de management des responsables des parcs nationaux, rapporte Theodota Nantsou. La discussion ne va pas très loin !» |
|
|
 |
 |
 |
Le bassin de Schinias la veilles des compétitions olympiques. |
|
Les différentes parties en appellent maintenant à Bruxelles. Contacté par Libération, le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas lui-même grec , fait savoir que «la Commission suit le dossier Schinias de très près». Son bureau confirme le blocage des fonds européens. «Le parc, dans ces conditions, ne semble pas avoir la possibilité de fonctionner ni de facturer l'entrée du site, ce qui lui permettrait de devenir financièrement autonome.»
On se souvient encore des championnats du monde juniors catastrophiques qui s'étaient déroulés l'année précédant les JO, et qui avaient vallus notamment au Huit américain de quitter le navire en pleine course. La veilles des épreuves olympiques la question de la ramabilité du bassin se posait encore a tel point que pour la première fois on évoquait la possibilité de faire des sprints de 1000 m au JO. On peut se poser des questions sur les contextes de création de tels sites : Schinias et l'un des plus grand bassin artificile dédié à l'aviron et au Canoé du monde, son potentiel aurait pu etre décuplé si il avait été conçu ne serait ce que quelques kilomètres en arrière dans les terres. La fête un fois finie l'esprit olympique est bien mort et une base splendide va à l'état de ruine. On peut juste s'interroger sur l'image de notre sport déjà devenu discret et pourtant un des premier sports olympiques, pour lequel des infrastructures titanesques sont construites sans avenir...
A méditer... |
|
|
|
| |
Par Yann Costes - le 22/05/2005 - tout ses articles.
|
- Lu 1657 fois - Aucun commentaire. |
|